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Hartung: la mano che pensa

di Leonardo Sinisgalli
fasc.8 (nov 1971)

 

Certains ciels affinent nos yeux, peut-on lire dans un petit livre.
Les pages des atlas de Hartung (nouvelles catégories de nuages ou d'éclairs? Nouveaux systèmes d'entrelacer les noeuds des fouets?) excitent le cortex cérébral, rendent intelligents.
Nombreux critiques d'art, notoirement lourds, maussades, se sont libérés au contact de la peinture de Hartung; ils ont trouvé une verve insolite. Cela signifie que Hartung est avant tout un climat, un babitat, une forêt qui prodigue oxygène et santé, un lieu de cure qui renforce les méninges.
Il y a les techniciens de la confusion, du désordre, de l'imbroglio, et il y a les spécialistes de la stratégie, de la patience: Hartung est de la race de Mondrian, il est avec les géomètres plutôt qu'avec les physiciens, il est aussi avec les calligraphes, les sublimes abrutis auxquels Leopardi dédiait les poèmes de son enfance. Qui a vu la couverture du «Balaam» dessinée par lui et les strophes d'hendecasyllabes du «Jugement Universel» (la première en immenses majuscules lapidaires, les vers en pure cursive de chancellerie), a compris que seule la main prodigieuse de Mozart pouvait soutenir la comparaison avec la main de Jacques enfant.
On peut laisser de côté la culture de Hartung et négliger les trésors de son esprit, mais on ne résiste pas à la tentation de lui saisir la main. Il vous vient l'envie de la lui prendre (comme font les enfants avec les queues de porc), de l'emporter, de la planter et de l'arroser dans l'espoir de voir poindre d'autres mains aussi habiles, aussi géniales. Qui donnent la sensation d'agir presque d'une façon autonome, tout comme les prothèses légendaires étudiées par Norbert Wiener à l'Institut de Technologie du Massachussetts et les membres automatiques du joueur d'échecs de Maelzel décrits par Edgar Poe.
Les entrelacs, les faisceaux de Hartung: j'ai du mal à ne les considérer que comme des signes et des taches, des formes. Non seulement Hartung s'exprime (comme s'exprime le poète avec des phrases et des mots, et le musicien avec des sons et des séquences), mais il édifie; non seulement il aligne, mais il élève, il soutient. Ses trames sont à la fois matière et intention.
Il y a une âme que nous sentons inflexible comme l'arc des vieux aquducs. Il y a le ductus qui permet de reconnaitre les pages manuscrites des moines. Pour Hartung comme pour Poe, le secret de l'oeuvre est dans la composition. Il évite le discours complexe, confus. Il ne veut que quelques éléments, même dans une simple phrase. Il préfère la solution mélodique, comme l'appelle Kandinsky, simple et solennelle tout à la fois, comme les voix de la nature.
Hartung réduit tout problème à ses termes essentiels, ce qui se justifie par la grande réserve d'expérience et d'astuce de l'artiste. Dans un certains sens, lorsqu'il s'exprime, il ne peut plus se tromper, comme cela arrive aux artisans débutants, forgerons ou tailleurs qui, autrement, gâcheraient leur prècieux matériel. Toutes les erreurs ont été faites suparavant et, je dirais, en cachette. Picasso, par exemple, mêle visiblement dans son oeuvre poésie et impureté. Comme du reste Dante mêle la poésie et la non-poésie; ou, comme on le voit dans la ville de Rome, une alternance de conscience et d'inconscience, d'opus et de choses inutiles.
Les oeuvres de Hartung doivent répondre pleinemen aux intentions de l'auteur. Cest-à-dire qu'elles doivent durer dans la mémoire. Elles ne doivent pas avoir l'incertitude des choses nées d'une heureuse circonstance, ou d'un hasard.
Hartung ne se contente pas du coup de foudre, il veut être approfondi. Il a suggéré lui-meme la meilleure tactique pour s'approcher de son oeuvre: «une pièce après l'autre, quelques pièces à la fois, examinées à jeun autant que possible». Je crois qu'il fait cette réponse à un journaliste impertinent; mais je la trouve très exacte.
«On ne boit pas la peinture comme de l'eau, on ne l'absorbe pas comme l'air». Je crois qu'il calcule avec beaucoup d'exactitude l'effet de chacune de ses oeuvres, et que, pour des raisons de goût, il ne parvient jamais à trop bien faire. Parmi les maitres les plus discrets, les plus humbles, il est le plus sûr, s'il n'est pas aussi le plus fort.

 

Certi cieli, sta scritto in un piccolo libro, affinano i nostri occhi.
Le pagine degli atlanti di Hartung (nuove categorie di nubi o di folgori? nuovi sistemi d'intrecciare i fiocchi delle fruste?) eccitano la corteccia cerebrale, fanno diventare intelligenti.
Tanti scrittori d'arte, notoriamente plumbei, musoni, a contatto con la pittura di Hartung si sono sbloccati, hanno cacciato fuori una verve insolita. Vuol dire che Hartung è prima di tutto un clima, un habitat, una selva che prodiga ossigeno e salute, un luogo di cura che rinforza le meningi.
Ci sono i tecnici della confusione, del disordine, dell'imbroglio e ci sono gli specialisti della strategia, della pazienza: Hartung è della razza di Mondrian, sta con i geometri meglio che con i fisici. Sta pure con i calligrafi, i sublimi ebeti a cui Leopardi dedicava i suoi poemi puerili. Chi ha visto la copertina del «Balaamo» disegnata da lui e le lasse di endecasillabi del «Giudizio Universale» (la prima in grandi maiuscole lapidarie, i versi in puro corsivo cancelleresco) ha capito che solo la mano prodigiosa di Mozart poteva reggere il confronto con la mano di Giacomo bambino.
Si può accantonare la cultura di Hartung e trascurare i tesori della sua mente, ma non si resiste alla tentazione di stringere il suo pugno. Viene la voglia di portarglielo via (come fanno i bambini con le code di porco) e piantarlo e innaffiarlo con la speranza che crescano altre mani così abili, così geniali. Le quali danno la sensazione di agire quasi autonomamente, come le pròtesi leggendarie studiate da Norbert Wiener nell'Istituto di Tecnologia del Massachussetts e gli arti automatici del giocatore di scacchi di Maelzel descritti da Poe.
Gl'intrecci, i fasci di Hartung: stento a considerarli soltanto segni e macchie, forme. Hartung non soltanto si esprime (come si esprime il poeta con frasi e parole, e il musicista con suoni e sequenze) ma edifica; non soltanto allinea ma eleva, regge. Le sue trame sono insieme materia e intenzione.
C'è un'anima che noi sentiamo inflessibile come l'arco nei vecchi acquedotti. C'è il ductus che rende riconoscibili le pagine manoscritte dai monaci.
Come per Poe anche per Hartung il segreto dell'opera sta nella composizione. Egli evita il discorso complesso, confuso. Vuole pochi elementi, anche una semplice frase. Predilige cioè la soluzione melodica, come la chiama Kandinsky, semplice e solenne insieme, come le voci della natura.
La riduzione che fa Hartung di ogni problema ai termini essenziali si giustifica con la sua grande riserva di esperienza e di astuzia. In un certo senso quando egli si esprime non può più sbagliare, come succede agli artigiani provetti, fabbri o sarti, che altrimenti sciuperebbero il prezioso materiale. Tutti gli errori sono stati fatti prima e, direi, di nascosto. Picasso, per esempio, mischia nell'opera visi bilmente poesia e impurità.
Come del resto mischia Dante poesia e non-poesia; o, come si vede nei muri romani, l'alternarsi di coscienza e incoscienza, opus e zavorra.
Le opere di Hartung devono rispondere pienamente alle intenzioni dell'autore. Devono, cioè, durare nella memoria. Non devono avere l'incertezza delle cose venute per fortuna o per caso.
Hartung non si contenta del coup de foudre, vuole essere approfondito. Lui stesso ha suggerito la migliore tattica di avvicinamento alla sua opera: «un pezzo dopo l'altro, pochi pezzi alla volta, possibilmente guardati a digiuno». Mi pare che questa risposta fu data a un giornalista petulante; tuttavia la trovo molto attendibile.
«La pittura non si beve come l'acqua, non-si mangia come l'aria». Credo che egli calcoli con molta esattezza il riverbero di ogni sua opera. E che per ragioni di gusto non riesca mai a strafare. Tra i maestri più discreti, sommessi, è il più sicuro se non anche il più forte.

 

 

 

26 Maggio 2021

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